mercredi 15 février 2017

Silence!

Le dernier film de Martin Scorsese impose silence à la critique dès son titre. C'est pourquoi d'ailleurs ceci n'est pas une critique, mais une méditation sur ce film, sur la foi donc, et sur la trahison, telles qu'elles apparaissent à ce grand artiste, en quête de vérité.

Cette oeuvre grandiose que le cinéaste aurait médité pendant vingt ans, est évidemment scandaleuse, elle est un objet de scandale pour qui la prend dans la figure : 2 H 40 sur une histoire de martyrs qui s'offrent ou se dérobent au sabre de l'Inquisiteur, ce n'est pas folichon comme intrigue ; 2 H 40 d'un terrible pilpoul dont l'enjeu est la vie ou la mort, la mort du martyre qui donne la vie ou la vie du pékin moyen qui se termine toujours par la mort : le film se termine d'ailleurs... dans un cercueil ! 2 H 40 d'images sur le Japon du XVIIème siècle, où les visages sont "impénétrables" et les tempéraments de feu, où les chrétiens japonais sont persécutés et menacés à tout moment de supplices qu'en français courant nous qualifions de chinois, mais où les communautés créées par saint François Xavier au Pays du Soleil levant n'ont pas vu de prêtres depuis des décennies.

Toute la première partie du film s'engage sur le quiproquo que crée cette situation : deux jésuites portugais, le Père Garupe et le Père Rodrigues, débarquent clandestinement dans l'Archipel pour avoir des nouvelles de leur ancien Père maître le Père Ferreira, un personnage qu'ils admirent et dont ils ont fait leur idéal religieux. On pourrait presque dire qu'ils le vénèrent comme un saint. Mais très vite, leur mission prend une autre dimension : les deux hommes sont littéralement happés par les communautés chrétiennes clandestines qui vivent dans des villages au bord de l'eau. Leur foi d'écolier enthousiaste va mûrir, plus vite d'ailleurs chez l'un que chez l'autre, au contact des héros que sont les chrétiens japonais sans nom et leurs porte parole, Ichizo et Mokichi.

La première partie du film est un hommage à cette foi des laïcs japonais, naguère évangélisés par saint François-Xavier, et qui sont restés des années sans prêtres, dans une ferveur que la perspective du martyre venait encore stimuler. Certains trouveront sans doute que la seule promesse du paradis ("paradison", "paradise" reprend le Père Rodrigues en anglais) n'est pas suffisante pour justifier leur résistance au grand inquisiteur et leur mort. Mais n'est-ce pas l'élan du martyr, cette volonté d'une vie heureuse que le fidèle n'a pas découverte sur la terre ? Je ne suis pas sûr qu'il faille se choquer de cette attitude simple, fruste sans doute mais profondément vraie, qui correspond trop à l'instabilité de la condition humaine pour être écartée d'un revers de main... L'un des deux prêtres, le Père Garupe, cherchant de façon désespérée à venir en aide aux martyrs et devenu martyr lui-même, entendra cette leçon du peuple japonais chrétien, cette leçon qui par sa simplicité dépasse bien sûr les études compliquées des deux jeunes prêtres, mais qui aurait dû les confirmer tous deux dans leur foi. Il y a dans ce film, curieusement, une réflexion sur la religion populaire et sur le décalage des clercs par rapport à la piété des laïcs, décalage que certains parviennent à surmonter (le Père Garupe) d'autres non (le Père Rodrigues). Que se passe-t-il lorsque la religion savante l'emporte sur cet instinct de la foi et le fait oublier ? La foi disparaît, c'est sans doute l'un des aspects de la crise actuelle de l'Eglise, issue non seulement du concile Vatican II mais d'une tentation d'intellectualisme née dès les années 30 dans l'Eglise et qui, comme l'expliquait le Père Serge Bonnet dans les années 70, a fini par détruire l'authenticité (évidemment sacrificielle) de la religion populaire.

Cette explication n'est pas inutile pour nous faire comprendre le personnage de l'autre prêtre, le Père Rodriguès, à la personnalité certainement plus complexe que celle de son confrère Garupe. Rodriguès est certainement le principal porte-parole de Scorsese, il est notre contemporain : un bobo débarquant (volontairement me semble-t-il) dans cette histoire d'un autre âge, un enthousiaste, auquel sa longue attente dans les prisons d'Inoué "l'inquisiteur", donne l'occasion d'affirmer sa foi, mais aussi un personnage "arrogant", occupé de lui-même, qui dès le  début du film exhorte les futurs martyrs à "piétiner la croix" pour "rester vivants". Il a conscience, à tel ou tel moment du film, que les circonstances extrêmes dans lesquelles il se débat, surimposent à sa propre destinée celle du Christ et du Christ crucifié. La scène où, se regardant dans l'eau, parce qu'il aime sa propre image, il découvre en surimposition celle du Christ qu'il a vénéré durant son noviciat, du Christ crucifié, martyrisé, lui paraît insupportable. Il part dans un rire nerveux qui présage de la suite. Comme le dit sentencieusement Inoué, l'inquisiteur : "Il est arrogant, il trahira". Il est notre contemporain, il aime son image, il se chérit lui-même, admire son propre courage... Il ne peut pas terminer comme un martyr banal. Il voit le martyre de son confrère le Père Garupe. Caché dans la forêt, il voit les martyrs du village chrétien qui les avait accueillis. Ces images, dans leur inutilité, lui sont insupportables. Même la scène christique de la crucifixion de Mokichi et d'Ichizo, dans la marée montante qui finalement les submergera, ne suffit pas à lui montrer l'identification au Christ que suppose toute foi... Il pose à haute voix, plusieurs fois, la question du silence de Dieu. Ce silence lui semble insupportable.

Le Christ manquerait-il de compassion ? Le Père Rodrigues, lui, éprouve immédiatement une immense compassion pour le personnage de leur guide, celui qui les introduit dans le village chrétien, celui qui a déjà trahi le Christ en refusant le martyre et qui le trahira plusieurs fois au cours de cette histoire. Cette compassion, c'est celle de la morale contemporaine, qui n'a au fond rien à voir avec la charité. Après chaque trahison Kichigiro (c'est son nom), littéralement habité par sa peur, vient demander à Rodriguès de le confesser et Rodriguès, saisi par l'inutilité apparente du sacrement, s'exécute : il le confesse, encore et encore et jette le manteau de Noé sur ses trahisons successives, quel qu'en puisse être le coût humain. Kichigiro reconnaît "sa faiblesse", implore la miséricorde, ce que n'avait pas su faire Judas, mais, comme Judas, il ne touche pas à l'argent qui récompense sa lâcheté. Kichigiro restera toute sa vie avec Rodriguès, comme son double monstrueux, mais lui finira par mourir martyr après que les agents d'Inoué ait découvert une image du Christ qu'il portait sur lui. On a envie de dire : mais où va se nicher la fidélité ? C'est peut-être cela d'ailleurs le vrai sujet du film : l'omniprésence de la foi dans chaque personnage, sous la forme d'une fidélité.

Il y a deux manières de comprendre la deuxième partie de ce film, entièrement consacrée à un martyre, celui du Père Rodrigues, qui n'aura pas lieu. Rationellement on sera attentif à cette expérience du silence de Dieu, à cet apparent manque de compassion du Christ pour ses disciples victimes du martyre, à l'inutilité de leur souffrance, au discours de l'Inquisiteur sur la stérilité de l'Eglise au Japon, sur le "marécage japonais" dans lequel rien ne pousse, sur la vanité des missions étrangères, qui répandent une religion qui n'a rien à voir avec la population (la première partie du film dément pourtant ces raisonnement captieux, le film lui-même est dédié aux fidèles japonais). Il est permis de voir dans le film de Scorsese un Christ nihiliste, dont la dernière tentation au Ciel, est de préférer la compassion à la charité, l'interdit moderne de la souffrance à sa divinisation chrétienne. C'est ce qu'a bien vu Hubert Champrun dans sa critique de Monde et vie.

Le noeud de l'interprétation est aussi le moment clé du film, où le Père Rodrigues va finir par marcher sur la croix comme le lui demande son bourreau. Il le fait pour sauver d'une mort horrible quatre fidèles japonais dont le sang s'écoule goutte à goutte dans une fosse dans laquelle ils sont suspendus la tête en bas. La charité peut-elle tenir devant l'impératif de la compassion ? Qui saurait le dire ?  Dans la conscience embrouillée du Père Rodriguès résonne une voix off, lui demandant de piétiner la croix. Qui se cache derrière cette voix off ? Le Christ, comme l'affirme Champrun ? La conscience tourmentée du Pere Rodrigues, comme le pense François Huguenin ?  Le diable propose Laurent Dandrieu. Rodrigues lui-même ne sait plus et il craque. Peut-être, en cet instant décisif, est-ce la voix doucereuse du Père Ferreira, retrouvé in extremis par l'intervention expresse d'Inoué le grand Inquisiteur, qui sera décisive ?

Cette grande figure jésuite a tout trahi. Ferreira s'est converti au bouddhisme. Il se livre en toute tranquillité à des études d'astronomie, avec la bénédiction inquisitrice d'Inoué. Oui c'est cette voix sans doute, la voix de celui que  Rodrigues était venu chercher sans vouloir croire à la rumeur de sa trahison, c'est la voix du mentor, la voix du maître si longtemps respecté qui l'emporte au dernier moment et qui  décidera de la destinée du jeune "Padre".. Ferreira est le seul traître parfait dans le film. Il a perdu la foi. Il semble parfaitement heureux dans sa nouvelle vie. Rodrigues, marié à une Japonaise, aura sans doute tenté de suivre ce maître sur la voie du parfait reniement. Il exauce ainsi le voeu le plus profond d'Inoué le vieux samouraï défenseur des traditions japonaises, qui continue à le surveiller pour qu'il ne revienne pas à sa foi chrétienne.

Le persécuteur ira jusqu'à organiser les funérailles bouddhistes du Padre, dont la caméra nous découvre in extremis qu'il porte au creux de sa main une petite croix. Pas n'importe laquelle : celle que lui avait donnée Ichizo, le vieux chrétien martyr. Rodrigues, avec son orgueil, sa fatuité, son arrogance, a officiellement perdu la foi, il semble "perdu pour Dieu". Mais on n'en finit pas si facilement que cela avec son identité spirituelle. La foi se cache ? Elle est bien là, c'est l'autre compréhension que l'on peut avoir de ce film : quand même on voudrait quitter la foi, on n'échappe pas à une forme de fidélité cachée, qui au dernier moment intercède pour l'homme. On peut observer qu'à travers cet humble petit objet, qui aura longtemps été le seul signe chrétien autour duquel se réunissait la communauté japonaise, ce n'est pas la foi jésuite acquise au noviciat qui sauve Rodrigues. C'est la foi populaire des laïcs martyrisés qui aura finalement évangélisé son Pasteur autoproclamé, en lui offrant, à travers cette petite croix, l'ultime médiation à travers laquelle s'affirme, indéracinable, son Credo, c'est-à-dire - et ce n'est absolument pas étranger à Scorsese - son salut.

mercredi 11 janvier 2017

L'abeille fait son miel des fleurs qu'elle rencontre

J’écris dans Monde et Vie que la France est encore un peu chrétienne, même quand elle est «mal» chrétienne. J’entends par là qu’il existe une culture, un substrat chrétien. Vous pouvez être athée autant que vous voudrez, votre athéisme ne sera jamais celui d’un athée japonais de culture shinto. Et je cite en exemple le «christianisme laïcisé» de Jaurès, «comme celui de Mélenchon». J’avoue avoir pensé aussi à Michel Onfray.
          
Le hasard fait que je tombe cette semaine sur deux citations – à moins que ce ne soit l’inverse et qu’elles ne me tombent dessus, pour illustrer mon propos. Je vous les donne, vous jugerez.
   
Jean-Luc Mélenchon, dans Famille Chrétienne:
«Avant de commencer notre entretien, nous offrons à Jean-Luc Mélenchon le dernier numéro de Famille Chrétienne. Il l’ouvre, son doigt tombe sur l’Evangile de Noël, le Prologue de Jean. Le texte est en français, mais lui le traduit instantanément: ‘‘In principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum…’’. Il récite avec naturel, presque évidence, la voix plus basse que de coutume. Ancien servant de la messe tridentine, Jean-Luc Mélenchon n’a rien perdu de son latin. Ni de son enthousiasme : ‘‘ça c’est trop beau! C’est tellement… C’est vrai!’’»
Michel Onfray, qui publie Décadence. Le Point en offre quelques extraits dont celui-ci:
«La civilisation du rock, de la BD, du cinéma et de la télévision, de la boîte de nuit et de la tabagie, de la pilule et du divorce, de l’alcool et des produits stupéfiants, du Frigidaire et de l'automobile, de la bombe atomique et de la guerre froide, de l'amour libre et des loisirs, de l'argent et des objets, avance en broyant tout sur son passage. Vatican II ne peut rien y faire. II semble même qu'en ayant voulu être un remède le concile a augmenté la maladie: en faisant de Dieu un copain à tutoyer, du prêtre un camarade à inviter en vacances, du symbolique une vieille lune à abolir, du mystère de la transcendance une plate immanence, de la messe une scénographie décalquant le schéma de l'émission télévisée, du rituel une aventure puisant indistinctement dans le succès des chansons du moment ou dans l'art naïf des croyants les plus allumés, du message du Christ un simple tract syndicaliste, de la soutane un déguisement de théâtre, des autres religions des spiritualités valant bien celle du christianisme, l'Eglise a précipité le mouvement en avant qui annonçait sa chute.»
Qu’on ne s’y méprenne pas. Comme Michel Onfray, Jean-Luc Mélenchon défend «des positions à l’extrême opposé de celles de l’Eglise catholique» (Famille Chrétienne dixit). Mais de même que le philosophe: «lorsqu’il parle de foi, Jean-Luc Mélenchon évoque une réalité qu’il connaît en sa chair» (Famille Chrétienne toujours). Identité chrétienne…
    
Le plus souvent, c’est là qu’arrive un intégriste. Peu importe sa méthode: colère ou ricanement, elle sent toujours la même aigreur. L’intégriste fonctionne par grand système: «Vous qui êtes des nôtres, vous n’avez pas le droit de goûter Pius Parsch, qui célébrait avant l’heure ad populum». Ou encore «Puisque je vous désigne comme catholique-de-droite, vous n’avez pas le droit d’apprécier etc etc». Peu importe que cela vienne de dedans ou de dehors: c’est le même intégriste, le même gardien de camp intellectuel, qui vous interdit de quitter le sien – ou d’y poser le pied.
   

mardi 20 décembre 2016

Noël au Centre Saint Paul et à Sainte Rita


Avant de nous livrer pleinement à la joie de Noël, j'invite tous ceux qui le peuvent à nous rejoindre pour une veillée de prière en solidarité dans la communion des saints avec nos frères chrétiens d'Orient, en particulier les chrétiens de la ville d'Alep, qui souffrent. Ce sera le vendredi 23 décembre prochain de 20 H à Minuit. Nous parlerons jeudi à 18 Heures, sur Radio Courtoisie des enjeux de la victoire d'Alep. Alors que les loyalistes semblent avoir repris (Deo gratias !) l'ensemble de la ville, les morts se multiplient, les privations sont toujours plus dures dans cette ville qui est l'une des premières villes chrétiennes dans l'histoire. Nous associerons dans notre prière les morts et les blessés de Berlin dont le seul crime est de s'être rendus à un Marché de Noël, les morts et les blessés de l'année 2015 et du 14 juillet 2016 en France, le Père Hamel, mort début août, toutes personnes, victimes innocentes du terrorisme islamiste. Sans oublier les 25 coptes morts au Caire la semaine dernière, simplement parce qu'ils assistaient à la messe.

Samedi prochain 24 décembre, je célébrerai à 20 heures précises une messe devant Sainte-Rita murée.N'hésitez pas à marquer votre volonté de préserver cette église sise en plein 15ème arrondissement de Paris en nous rejoignant. Nous imiterons dehors la sainte famille, Marie Joseph et l'Enfant divin : il n'y avait pas de place pour eux à l'Hôtellerie. Nous serons sur la chaussée, pour une messe aux flambeaux dans le froid, en chantant les cantiques de Noël pour nous réchauffer ! Une telle fête du coeur dans le froid a quelque chose d'inoubliable !

Autre atmosphère : la messe de Minuit aura lieu aussi au chaud, à Minuit (précédée d'une veillée de chants et de prières à 23 heures) au Centre Saint-Paul où Kerim, Sophia et quelques autres nous régaleront d'un beau programme de grégorien et de musique baroque.

mercredi 14 décembre 2016

A votre bon coeur!

Il est toujours un peu gênant, en période de crise, de tendre la main. Cependant, le Centre Saint Paul ne vivant que de la générosité de ses Amis et Bienfaiteurs, nous nous lançons, et vous rappelons que...

Si vous êtes imposable, tout don fait avant le 31 décembre 2016 ouvre un crédit d'impôt de 66% - autrement dit, donner 30 euros ne vous en coûte que 10. Si vous pouvez nous consacrer 50 euros, versez-en 150, l'Etat vous en rendra 100.
Il suffit pour cela de cliquer la case "reçu fiscal" sur notre formulaire de dons en ligne, accessible depuis le site cccsp.fr - d'avance, merci.

lundi 12 décembre 2016

Le 13 décembre, : à lASIEM, programme

Chers amis, venez nombreux à la soirée de demain mardi. Cela se passe à Notre Dame du Bon Conseil (l'ASIEM), 6 rue Albert de Lapparent dans le 7ème (Métro Ségur ou Sèvres Lecourbe).

Au programme trois débats :
  • Noël et la société de consommation avec Gaultier Bès (fondateur de la revue Limite) François Huguenin (historien et essayiste) Fayçal Safi (qui joue le converti dans L'Apôtre de Cheyenne Carron) et le Pasteur Saïd Oujibou que l'on ne présente plus.
  • Noël et le multiculturalisme avec Tarek Oubrou (recteur de la Mosquée de Bordeaux) et l'abbé G. de Tanoüarn (directeur du Centre Saint-Paul à Paris) dans une conférence contradictoire. Responsable du débat : Serge Sarkissian.
  • Noël et le rationalisme des Lumières avec Mgr Dominique Rey (évêque de Toulon), le Père Gitton (théologien), Christian Haeschen (vice-président de la Libre Pensée) et Jean Birnbaum (directeur du Monde des Livres). Responsable du débat : François Huguenin

Le pape Paul VI dans l'encyclique Ecclesiam suam parlait des aréopages à ouvrir avec le monde contemporain. Ces aréopages, pour nous, sont des agoras (selon le nom de notre association organisatrice). Dans notre société éclatée, il y a un dialogue que seuls les chrétiens peuvent mener, en toute impartialité. Nous comptons sur vous pour continuer le débat après les conférences au cours du cocktail qui vous permettra d'échanger en toute liberté avec nos invités.

mardi 6 décembre 2016

Mais où est passé Noël ?

Chers amis, je suis heureux de vous inviter à la soirée du mardi 13 décembre prochain: Mais où est passé Noël ? Elle aura lieu à partir de 20 H précises, dans les salles de l'ASIEM, 9 rue Albert de Lapparent (75007), sur un programme particulièrement riche et dense [détail en ligne] en présence de Mgr Dominique Rey, évêque de Toulon.

Nous vivons dans une société consumériste et nous confondons vite la fête de Noël avec le réveillon.
Nous vivons dans une société qui se veut multiculturelle et communautariste et nous oublions qu'à Noël la paix est donnée à tous ceux qui la demandent.
Nous vivons dans une France historiquement marquée, plus que les autres pays européens, par l'idéologie du Progrès et le rationalisme qui s'invite avec elle. Et nous oublions que, progrès ou pas,  la foi est ce qui nous constitue, en nous rendant éternels.

Mais trop souvent, soit, comme chrétiens, nous vivons de notre foi comme si ces défis n'existaient pas, dans une sorte d'indifférence au monde ou aux autres ; soit, au contraire, obnubilés par ces critiques anciennes et qui semblent toujours nouvelles, nous  oublions l'actualité et la force de la promesse de Noël : "Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté". Nous ne pensons plus à demander cette paix de Noël.

Cette soirée veut donc instaurer trois débats fondamentaux. D'abord un débat consensuel, autour de la société de consommation, qui fait, comme dit Henry de Montherlant, que "tout ce qui est atteint est détruit" ou que tout ce qui est consommé est aussi consumé. Pour nous y aider, nous accueillerons Gaultier Bès, représentant la talentueuse revue Limite, Fayçal Safi, héros du film L'apôtre qui joue en ce moment dans Djihad et le Pasteur Saïd Oujibou, auteur interprète.

Nous aurons ensuite un face à face entre Tarek Oubrou, recteur de la Mosquée de Bordeaux et moi Guillaume de Tanoüarn, prêtre catholique. La question ? Peut-on fêter Noël dans une société qui se veut multiculturelle ?

Enfin Mgr Rey et Christian Haenschen, directeur de la Libre Pensée, l'abbé Gitton et Jean Birnbaüm directeur du Monde des Livres débattront sur l'anticléricalisme des Lumières, sur cette fracture dans l'histoire spirituelle de la France, dont on se demande si on peut la réduire ou si elle est destinée à demeurer.

Un verre de l'amitié conclura cette soirée bien remplie et permettra à chacun de discuter avec les orateurs.

Notre idée force ? La vérité s'use quand on se contente de la répéter, semblable à elle-même et en quelque sorte imprenable à force de psittacisme. Elle est faite pour le monde. Elle brille en se donnant. Il ne s'agit pas d'organiser je ne sais quel combat de catch avec vainqueur ou vaincu, mais de manifester cet amour commun pour la vérité qui est au fond de chacun de nos coeurs.